On est arrivé dans un blizzard de tous les diables, un véritable enfer. On était 10, tous mercenaires, tous solidaires. Prêts à repousser les mers, à soulever des montagnes sans jamais qu'aucun de nous ne tombe. On a eu beau être à l'heure, ils étaient déjà sur le terrain, parés pour la bataille. Le vestiaire sentait le sang. On a commencé à enfiler nos armures, sans un mot, la détermination pour seul langage. Puis l'échauffement, terrible entre les coups de grisou, le ballon qui sentait le suif. Etirements, pompes, tractions, travail des appuis, passes et frappes sans jamais quitter le terrible adversaire des yeux.
Espci a... 1er du groupe. 8 monstres sans pitié, rapides, puissants, précis. Goliath, Hulk, Géant Vert, Denver le dernier dinosaure. L'Everest, le Mont Blanc, le pic du Vercors, le Mont Pelé. L'Océan Atlantique, la Mer Méditerranée, le lac d'Annecy, mon bain.
On s'est réunis avant le coup d'envoi, Président a sorti un canif. "A la vie à la mort les gars, c'est le match de notre vie. Un pour tous et tous au charbon, on vit ensemble, on meurt ensemble, on ne se défile pas. La tête haute, les yeux dans les yeux, on joue notre vie, le championnat. Allez les gars, pacte du sang." On s'est tous fait une petite coupure à la bite et puis bisou-bisou du bout du gland, mes MST sont tes MST, mon ballon c'est ton ballon.
Le match a commencé dans une énième rafale. Le vent avec nous, peut-être un signe. 10 minutes de jouées, 3-0, ils n'ont pas encore frappé au but. "Les salauds, ils nous endorment..." Mi-temps. 6-0. Le vent est tombé, silence sur la plaine, le calme avant la tempête. On a tous déjà entendu les récits des guerres du Pacifique au Japon. Lorsque Mark Landers arrivait à mi-bataille comme une sulfateuse d'appoint prenant à revers, par derrière, une boucherie. Mais les 12 salopards pouvaient y laisser leur peau, personne n'aurait leur âme. "Qui z'y viennent, lança Julien le poing levé. On sera là. Yalla".
Ben finalement ils sont pas venus. Mais alors pas venus du tout, même pas un mot d'excuse. 14-3, comme un plan cul. Les 12 Salopards, vainqueur de la Coupe Poupoule des Clubs Poussins Champions. Le duel au sommet vomi, le clasico qui finit en queue leu leu. Allez, compte-rendu (à venir à dix, vous mériteriez que je le fasse par triplette) spécial Caustik.
Caustik : quel joueur génial. Non content de placer les dribbles les plus fous, il passe, distille, frappe, marque, défend. Il mériterait le titre d'homme du match à chaque coup (celui-ci compris) mais il faut bien en laisser pour les autres... Il est Cristiano Zinedona. Ce commentaire serait-il ironique? Ben non, même pas. Faut savoir s'incliner.
Caustik : Que c'est bon d'avoir un vrai gardien derrière soi. Un mec à qui on dit "Viens, ça va etre un match chaud" pour qu'il se pèle les mimiches aux bois mais qui joue le jeu quand même. De belles sorties et de la détente. De la classe malgré trois golos dans la musette.
Caustik : Un bon match sur son coté gauche et en défense centrale. A la limite de se casser la gueule balle au pied mais toujours debout à la Robben, impossible à passer comme si Gattuso jouait arrière gauche. C'est si bon quand il est là. Ca sent l'impact.
Caustik : deuxième match de la saison seulement et ça fait du bien de la tête. Pas de problème pour bien prendre le joueur, pas d'erreur et en plus pas de flippe au pied sur ce match. De retour.
Caustik : malheureusement il a encore marqué, ce qui a valu une nouvelle longue séance de masturbation sous la douche. Ouh qu'il est content. Mais c'est un plaisir de jouer avec cette machine hargneuse à appels, classe au pied, décemment efficace ces derniers temps et garant d'un esprit de victoire important. Il insuffle.
Caustik : encore un bon match en défense. Déjà peu de problèmes la semaine dernière, encore moins cette fois-ci. Un plaisir de défendre avec lui au centre, les automatismes s'accumulent.
Caustik : 3 buts, 2 passes décisives, une foirade de légende à 11 centimètres du but (un "J'ai tenté pied droit" sur le chemin de la célébrité) pour être sûr que l'on se souvienne de son match. Il a défendu sans problème et puis il y a ces jours où l'on scintille aux avant-postes. Il semblait déçu de ses deux précédentes sorties, tel un schizophrène il s'est répondu à lui-même. Toutefois : à 12-2, alors qu'il avait déjà planté ses banderilles, est-il le genre d'homme à accepter de jouer huit minutes en central pour laisser les autres monter un peu et tenter de gouter aussi aux joies du but? Mais non. C'est un bel enfoiré.
Caustik : on ne le reconnait pas. Solide derrière, apportant sur son côté droit, venant nous en planter deux par match, et pas les plus moches. Pense même à foirer une tête immanquable devant le but pour contenter ses fans. A-t-il un préparateur physique?
Caustik : Monsieur Dusseau, les mains dans le dos, fait ce qu'il veut, dribbler, courir, tout couper, se foutre de la gueule de ses adversaires, de ses coéquipiers, de toutes façons Dusseau c'est Dusseau, c'est le patron. En tous cas quand il est là, c'est pas pareil, mais alors pas pareil du tout.
Caustik : quelle élégance en défense, quelle envie, quelle voix. De quoi vous cadrer un Ben Arfa.
Rubrique Le jeu du Lundidi :
Facile, évidemment, retrouvez qui se cache derrière chaque descriptif. Le vainqueur aura droit à une canette de Powerade payée par toute l'équipe à la fin du prochain match. Surtout, si l'un de vous donne la bonne réponse, je publierai une nouvelle photo de l'homme du match qui, pour se détendre, s'adonne aux plaisirs du tennis. Vous verrez, sa concentration vaut le détour.
Classement à la fin des matchs aller (vu que la FSGT est un peu à la traîne) :
12 SDLP : 16 pts ; +20 (43 BP, 23 BC)
ARCHIVES NAT : 14 pts ; +5
ESPCI A : 14 pts ; -4
BREIZH ILE UNITED : 13 pts ; +5
SPORTING XV : 10 pts ; -6
CE GESTITRES : 8 pts ; -12
Allez les copains, rendez-vous contre une chaude équipe lundi à Choisy à 19h45. Salopez bien.